Publié le 14/11/2022 - 18h02
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A - Assurer une planification qui concilie à la fois les enjeux de transition énergétique, d’environnement, d’équité territoriale, de sécurité d’approvisionnement et de respect de nos objectifs énergétiques et climatiques
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D - Favoriser l’implication de leurs administrés et l’acculturation aux enjeux notamment en faisant connaitre les objectifs, les leviers et les aides disponibles
Une remarque tout d'abord : le questionnaire est encore très focalisé sur l'électricité, alors que ce n'est pas le souci principal (elle est déjà décarbonée et ne fait que 25% de notre énergie, et on ne va pas remplacer les 3/4 d'énergie restantes - fioul, charbon, gaz - par de l'électricité : tous les usages ne sont pas électrifiables). A force de se tromper de cible, la France ne réduit pas ses émissions de CO2 (et est condamnée pour cela). Il serait temps que les politiques et les médias prennent du recul et fassent les bons calculs. Sinon, ils continueront à engraisser involontairement ou pas les compagnies pétrolières et gazières (qui vivent bien tranquilles dans leur coin, puisque c'est EDF et éolien et autres EnR électriques sur la sellette) et les producteurs éoliens (qui ont des contrats en or : prix garanti - ou prix plancher garanti, achat obligé et sur des années, alors qu'ils ne fournissent pas un service complet - c'est à dire une production sure et pilotable). Sinon : attention à la lubie de l'autonomie en électricité d'un territoire (on entend : "avec mes panneaux ou mes éoliennes, je vais produire ce que je consomme" : c'est faux. Simplement, la quantité produite sur une année est égale à la quantité consommée sur une année. Et dans la réalité, il y a des moments où ça ne produit pas assez localement, et où le territoire -commune, etc- importe de l'électricité classique, et d'autres moments où il produit trop et où il faut écouler le trop-plein - sinon la tension explose - et donc arroser les voisins et ralentir les moyens de production classiques.) Par ailleurs, comme chaque territoire consomme de façon différente de celui d'à côté (pas les mêmes activités et pas aux mêmes heures), il vaut mieux ne pas être autonome, mais être reliés (par le réseau) et donc partager. Cela économise des installations de production, puisqu'elles ne sont pas obligées de fournir un seul, mais l'un et l'autre en profitant des rythmes de consommation différents. Le réseau électrique est maillé à l'échelle de l'UE et même au-delà depuis des décennies (et même avant l'UE) pour profiter au maximum des différences de moment de consommation (décalage horaire, temps chez soi vs temps au travail, etc), et cela fait qu'avec les installations de production actuelles en Europe, on peut alimenter sans souci les européens alors que le total de leurs contrats fait 3 fois la puissance des centrales. Enfin, pour l'électricité (et dans une moindre mesure le gaz), il y a un tarif unique pour la distribution jusqu'au client (= la livraison, par le produit - l'énergie elle-même - soumis au marché depuis les années 2000) : quelqu'un au fin fond de la Lozère paie le même prix de livraison que quelqu'un au centre de Paris. Alors que le coût est très différent. Si on laissait chaque territoire organiser cela comme il lui semble, les élus des grandes villes voudraient baisser le prix de la livraison, et donc il manquerait de quoi équilibrer avec les zones rurales, qui verraient donc leur prix flamber. Imaginerait-on que le timbre soit à bas prix à Paris et très cher pour un village de Lozère ? Sur l'acculturation aux enjeux : il faudrait d'abord que les élus soient acculturés eux-mêmes, et avec les bonnes infos. Ils devraient pas exemple tous faire la Fresque du Climat, et tous avoir un cours sur la répartition des émissions de CO2 par secteur d'activité.
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