Publié le 17/01/2023 - 09h59
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C - Que l’Etat joue un rôle central, pour les consommateurs comme pour les producteurs, avec un rôle redistributif. Il s’agirait de répartir le plus justement possible soit les coûts lorsque le financement de nouveaux moyens de production n’est pas rentable, soit les bénéfices lorsque les installations existantes produisent de l’énergie vendue ensuite à des prix élevés.
Une présence renforcée étatique permet de structurer le marché électrique et énergétique, cela permet d’apporter plusieurs choses : En étant une passerelle entre un marché existant (EPEX spot, méthane/biométhane, …) et les consommateurs, cette structure permet de justifier davantage des investissements capitalistiques que des entreprises privées ne pourraient réaliser qu’avec une grande inertie. La structuration même de l’état permet d’avoir des effets leviers importants de dette, les énergies nucléaire et renouvelables étant très capitalistique donner une place plus importante aux fonctions publiques dans leur structuration permet d’actionner ce levier. Le rôle de plus en plus important de la BPI et la Caisse des dépôts dans les projets d’énergie est une bonne évolution, elle ne peut qu’être encouragée. L’état permet également de réguler ou créer des marchés captifs aujourd’hui inexistants. C’est le cas par exemple de l’hydrogène. Historiquement, ce « marché » c’est créé de privée à privée entre producteur et consommateur. Des contrats non visibles de courts/moyens termes pilotés par quelques industriels en France. Cependant l’évolution de ce secteur dans sa structuration, ses acteurs et ambitions nécessite l’émergence d’un marché de l’hydrogène. La diversité des modes de productions et consommation d’H2 rend cette tâche difficile, la proposition actuellement étudiée par la Commission européenne d’utiliser l’innovation Fund pour créer ce marché via une « banque centrale hydrogène européenne » est une piste à approfondir, notamment par le biais de la CRE. Un état davantage présent et central dans les modèles énergétiques permet aussi de réguler les projets de productions d’énergies. En se retrouvant sur les deux côtés du marché (producteur et consommateur) son intérêt sera l’intérêt de tous. On voit que le mécanisme des obligations d’achats et compléments de rémunération sont devenues une source non négligeable de revenue pour l’état, on peut voir un bénéfice similaire longs termes avec les investissements réalisés suite au plan Messmer dans les années 1970. Sans devenir agrégateur, une structure qui régule et centralise plusieurs portefeuilles facilitera l’accès sécurisé long terme d’énergie pour les consommateurs/industriels, de l’autre côté elle sera un levier et appuis fort pour développer des projets de production d’énergies cohérents sur les territoires.
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