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Publié le 11/12/2022 - 20h32

Sylvain Rebillat

  • A - Les impacts sur la biodiversité

  • G - La concertation avec tous les acteurs du territoire tout au long de la conception des projets

En France, l'ADEME, Agence de la Transition écologique, rattachée au Ministère de la transition écologique, a produit une analyse comparative de scénarios d'évolution pour viser la neutralité carbone. Celle-ci a démontré, en étudiant 4 scénarios de transition énergétique, qu'il existait plusieurs voies pour viser la neutralité carbone d'ici 2050 en France. En revanche, la pression sur les ressources naturelles varie considérablement d’un scénario à l’autre. C’est particulièrement le cas pour l’eau d’irrigation ou les matériaux de construction. Après avoir connu une année 2022 de forte pénurie d'eau sur tout le territoire Nationale, situation appelée à se répéter de plus en plus régulièrement dans les prochaines années selon les projections du GIEC, il serait funeste de parier sur des technologies gourmandes en eau. On notera que l'énergie nucléaire représente plus de 20% de la consommation d'eau en France (source Société Française d'Energie Nucléaire) et même plus de 50% des prélèvements d'eau. Outre le fait que cette technologie ne permet absolument pas de répondre à l'urgence climatique et ne permet d'adresser qu'une faible part des besoins énergétiques en France, cette solution est surtout source de raréfaction et de dégradation de la ressource en eau potable. Elle représente de ce fait un grave danger pour l'ensemble du vivant et pour l'humain. L'association Negawatt travaille depuis 20 ans à rechercher des solutions en traçant la voie d’une société plus respectueuse des ressources de la planète, de la biodiversité et de l’humain. Ce travail a permis d'aboutir en 2021 à la publication d'un cinquième scénario de transition énergétique pour la France. Ce scénario a été rendu plus robuste en le couplant à une étude des évolutions possibles de consommation et de production de matériaux (acier, béton, cuivre, plastiques, lithium, etc.). Il permet d'aboutir à la neutralité carbone d'ici 2050, en préservant les espaces naturels et en privilégiant le respect du vivant, indispensable à notre survie. La sortie des énergies fossiles est une nécessité à plusieurs titres. Il s’agit notamment d’atténuer le changement climatique, de préserver la ressource en eau et de sortir du modèle extractiviste, délétère pour les milieux naturels. Le développement de nouvelles installations basées sur l’extractivisme et gourmandes en eau nous conduira immanquablement dans une impasse. Dans ces conditions, il s’avère vital de prendre en compte l’ensemble des dimensions de la production d’énergie et de s’appuyer sur les études de référence dans le domaine (projections ADEME, scénario Negawatt). La démarche de mutation de notre production énergétique est bien complémentaire de la nécessaire transformation de nos modes de vie vers une société sobre.